BILAN | Les meilleurs films de mars 2025
CHAQUE MOIS, LES MEMBRES DE LA RÉDACTION VOUS PROPOSENT LEUR FILM PRÉFÉRÉ LORS DU BILAN DU MOIS, CELUI QU’IL FALLAIT DÉCOUVRIR À TOUT PRIX EN SALLE OU DANS VOTRE SALON (SORTIES SVOD, E-CINEMA…). DÉCOUVREZ CI-DESSOUS LES CHOIX DE CHAQUE RÉDACTEUR DE LE BLEU DU MIROIR POUR LE MOIS DE MARS 2025.
Le choix d’Antoine Rousseau
À quelques semaines d’intervalles, les spectateurs français auront pu découvrir deux films de Steven Soderbergh dans les salles. Et dans les deux cas, il s’agissait pour le réalisateur de s’adonner à exercice de style appliqué à un genre bien précis : le film de maison hantée pour le premier, Presence, et le récit d’espionnage pour le second, The Insider. C’est ce dernier qui convainc le plus, le cinéaste étant particulièrement à l’aise pour jouer avec les codes du genre tout en les court-circuitant. Nombre de décors restreints, intrigue resserrée sur moins d’1h30 et mise en scène faisant la part belle aux dialogues : le réalisateur (de nouveau accompagné de David Koepp au scénario) déjoue toutes les attentes pour raconter cette histoire de faux semblants au sein d’un couple d’espions. Il accouche d’un film certes mineur dans sa filmographie, mais particulièrement élégant et finement exécuté, dans lequel chaque comédien a l’espace nécessaire pour s’amuser.
Le choix de Gregory Perez
Avec Black Dog, le réalisateur chinois Guan Hu signe une ode à la solitude et à la rédemption. Porté par une photographie sublime, le film transforme le désert de Gobi en un décor hypnotique aux accents de western Léonien. Ce paysage, immensément vaste, mais surtout silencieux, est à l’image de son protagoniste et du chien errant qui l’accompagne. L’amitié qui se tisse entre ces deux êtres rejetés et opprimés par leur environnement est d’une justesse bouleversante, et révèle une relation brute, instinctive, presque spirituelle. La musique, où résonnent les notes évanescentes de Pink Floyd, ajoute une dimension quasi onirique au film, amplifiant son atmosphère mélancolique et hypnotique. Black Dog est un voyage intérieur et émotionnel face à l’amitié naissante entre deux parias en quête d’une dernière chance, filmé avec une grâce infinie, et qui laisse une empreinte durable dans les cœurs des spectateurs, même ceux qui seraient aussi arides que le désert de Gobi.
Le choix de François-Xavier Thuaud
Vus à travers les yeux d’un enfant de 9 ans, les événements de mai 1968 sont vécus, à distance, par la famille Boltanski, bourgeois bohèmes du Boulevard de Grenelle. Lionel Baier traduit le regard de l’enfance par une forme antinaturaliste, proche de la BD filmée. À la savoureuse galerie de portraits (mention particulière à la grand-mère interprétée par Dominique Reymond) s’ajoute peu à peu une forme de gravité quand la réception d’un illustre invité pousse la famille à rouvrir la cache dans laquelle le grand-père s’est planqué pendant la seconde guerre mondiale. Lionel Baier filme les ricochets de l’Histoire avec fantaisie et pudeur, la malice lui tenant lieu de boussole et offre à Michel Blanc de magnifiques adieux à l’écran.
Le choix de Victor Van de Kadsye
Le choix de TP
Faisant usage d’une impressionnante grammaire cinématographique, Halfdan Ullmann Tøndel a marqué les esprits pour sa première réalisation présentée à Un Certain Regard, logiquement couronnée de la Caméra d’Or. Audacieux, il déplace encore le curseur lors de sa dernière demi-heure en embrassant pleinement la dimension figurative de ses séquences conclusives, quitte à perdre en route certains spectateurs adeptes de résolutions plus explicites. Avec Armand, le petit-fils d’Ingmar Bergman et Liv Ullmann fait des débuts fulgurants et offre à Renate Reinsve un terrain de jeu idoine pour exprimer son infini talent de comédienne.
À voir aussi : Black box diaries, Blue Sun Palace, Vermiglio…