PARTHENOPE
Critique du film
Si Parthenope séduit d’abord par un premier acte formellement soigné, il peine malheureusement à maintenir notre intérêt sur la durée. Sorrentino assume de raconter une vie dénuée d’héroïsme, mais semble oublier en chemin de nourrir sa narration et semble se contenter de filmer son héroïne. Son film, d’abord porté par la beauté irradiante de ses prémisses, s’étire progressivement dans une longueur qui lui nuit, peinant à donner un véritable élan à l’histoire.
L’errance du récit se ressent particulièrement dans le parcours de Parthenope. Entre ses projets universitaires, ses relations troubles avec un homme d’Église et disparitions inopinées de personnages pourtant centraux, le film perd en cohérence. Les nombreuses intrigues se croisent et s’emmêlent dans un symbolisme fatiguant, rappelant par moments les défauts de son pénible Youth.
Enfin, Sorrentino consacre une grande partie du film à l’éclat juvénile de Celeste Della Porta, dilatant l’intrigue autour de ses jeunes années, au détriment de son alter ego plus âgé. Stefania Sandrelli, incarnation sexagénaire de Parthenope, n’apparaît qu’en toute fin, alors qu’elle aurait peut-être mérité une place plus importante, qui aurait pu insuffler une émotion nouvelle et redonner de la dynamique à un récit superficiel et confus. Au lieu de ça, le réalisateur italien se contente de filmer son personnage éponyme sur la plage ou dans des couloirs, avec un air lascif, avec un regard purement libidineux qui finit par excéder.
Dès lors, difficile de ne pas voir dans Parthenope qu’un nouveau long métrage réalisé par un homme d’âge mûr qui s’évertue à imaginer à quoi ressemblerait la vie d’une femme très séduisante.
12 mars 2025 – De Paolo Sorrentino
Avec Celeste Dalla Porta, Stefania Sandrelli, Gary Oldman